lundi 18 avril 2011

Primer-mundista

Primer-mundista, ou "premier-mondiste"


Lors d'une discussion avec un sympathique argentin de Rosario, j'ai entendu pour la première fois le mot "primer-mundista". Il me parlait des Chiliens, et me disait qu'ils étaient très premier-mondistes, dans le sens de "dépensiers et consuméristes". Je n'avais jamais entendu quiconque utiliser cette expression (ni en espagnol, ni en français), mais je l'ai comprise tout de suite par déduction - comme on comprendrait le sens d'"introverti" à partir de celui d'"extraverti".

Premier-mondiste, Premier-monde... Des expressions qui existent, mais que l'on n'utilise (quasiment) jamais. Ça m'a fait une drôle d'impression de réaliser ça soudainement, un peu comme si sa phrase avait déraillé de la conversation pour venir s'éparpiller avec fracas tout au fond de ma tête.

Le Tiers-monde, on en parle tout le temps. Tiers-mondiste, ça s'utilise aussi pour les partisans du développement du Tiers-monde. Même si la terminologie d'Alfred Sauvy a évolué depuis sa création, on continue de l'utiliser très largement.


Dans les années 50, on distinguait Premier-monde (bloc démocratique capitaliste), Second-monde (bloc soviétique), et Tiers-monde (bloc non-aligné et sous-développé).


Depuis la chute du bloc soviétique, le concept se réfère essentiellement à des différences de développement socio-économique (mais le découpage en soi est resté à peu près le même).



Bon ok, j'arrête le Dessous (poussiéreux) des Cartes avant que vous ne fuyiez.

On disait donc...

On ne parle pourtant jamais du Premier-monde : on parle de pays riches, de pays développés, d'économies (post)-industrielles, etc... de tout ce que vous voulez, mais pas de Premier-monde. Et c'est ça qui m'a frappé, dans le fond : le fait que le concept même de Premier-monde se situe dans l'angle mort de notre pensée. J'ai l'impression que nous autres pays développés ne nous visualisons jamais comme le Premier-monde, c'est une idée qui nous échappe. Parce que le Premier-monde, ce sont sans doute les "pays développés" vus à travers les yeux des pays en développement. Tout comme le Tiers-monde sont peut-être les pays sous-développés vus depuis chez nous. Une question de perspective, en somme.


Bon, ceci dit, l'Argentine, c'est très loin d'être le Tiers-monde : c'est ce qui correspondrait au Second-monde, même si certaines inégalités y semblent beaucoup plus criantes.


Ici, on voit par exemple ce type de véhicules cotoyer des voitures dernier cri.











Enfin bon, je me dis que tout ça est très bien, parce que dans le fond, le but d'un voyage, c'est justement de changer de perspectives, de chasser nos angles morts.

Promis, le prochain article sera rigolo.

Donnez moi du gras !

Dommage... à une lettre près.

To eat or not to eat

Saveur chocolatée du Danemark


... Et pour info, ici, Diana Ross est une marque de vêtements (et rien d'autre, apparemment). Vous me direz, ça rend déjà mieux qu'Omar Sharif. Ça me faisait déjà peur de savoir que pour certains, Che Guevara, c'était "le mec des T-shirts" (bon c'est pas le cas en Argentine vu qu'ils étudient son histoire, mais je l'ai déjà entendu en France), mais là c'est pas mal non plus.

C'est quand même marrant (voire un peu effrayant) de voir que certaines icônes peuvent être "fétichisées" au point d'en perdre toute substance. Diana Ross n'est plus une chanteuse, c'est une consonance. Che Guevara n'est plus un révolutionnaire, c'est un regard au loin. Ils ont été réifiés, démantelés, d'aliments en nutriments, puis assimilés. Des personnes que notre culture a digéré, et qui circulent dans notre sang sous forme de mèmes méconnaissables.


Et pour clôturer cet intermède chiant, une petite page de pub.


jeudi 31 mars 2011

La contrefaçon

C'est pas bien.

... Sauf si c'est fait avec de gros sabots argentins.


Commençons léger avec le car touristique Apple...



Continuons avec une célèbre chaîne de fruitiers français.



Et concluons avec une célèbre marque de matelas japonais !


mardi 8 mars 2011

Bien chaude, la pizza


Soit leurs services ne se limitent pas à la vente de pizzas, soit ça ressemble à un gros échec en marketing.

Clap Clap

Ou le petit guide de « comment fait-on pour entrer chez quelqu’un ? »*, où je vais me livrer sous vos yeux ébahis à un peu d’anthropologie de bas étage.

*Sous-entendu de façon légale. Pour les autres manières, se référer au manuel du voleur, pages 34-46.


Mise en situation japonaise traditionnelle

M. Tanaka rend visite à son voisin M. Nakata (je varie les patronymes pour plus de clarté, vous voyez), et se retrouve plus ou moins devant ça :


Il a généralement deux options :

  • Il entre dans le jardin ou dans la maison et appelle M. Tanaka (il faut savoir que, notamment à la campagne, les jardins et maisons ne sont pas forcément clos du fait entre autres de la sécurité qui règne au Japon, et également parce que les habitants d’un quartier se connaissent bien).

  • Il toque à la porte, si c’est possible (il est en effet probable que la porte soit un shôji en papier).


Mise en situation française traditionnelle


M. Martin rend visite à son voisin M. Ben Ali, et se retrouve – admettons – devant ça :


Les options sont généralement :

  • Utiliser la sonnette ou la cloche sans entrer dans le jardin ou la maison (on note déjà que c’est davantage vu comme une intrusion de rentrer chez quelqu’un comme ça, hormis si on le connaît).

  • Il toque à la porte si la maison a pignon sur rue.


Mise en situation argentine traditionnelle

M. Guevara rend visite à son voisin M. Perón, et se retrouve devant ça :


Il y a en général un chien, potentiellement méchant, malgré l’absence de panneau « chien méchant » – dont l’usage est d’ailleurs généralement réservé aux maisons protégées par de pathétiques caniches/teckels, les chiens gros et méchants n’ayant pas besoin de panneau. Et puis le portail est souvent fermé. Et les sonnettes sont rares. En tout cas ici.

Du coup :
  • Le plus probable et le plus typique est qu’il tape dans ses mains, un peu comme pour applaudir. Et le plus surprenant, c’est que c’est bien M. Perón qui va sortir vous accueillir, et pas Mme Kirschner qui habite 5 mètres sur votre gauche et a sûrement entendu le même bruit (ou pas, d’ailleurs, vu le peu de bruit que ça fait).

  • Sinon, il toque à la porte si la maison a pignon sur rue.


Au final, les explications les plus probables de cette coutume semblent être :

  • Le niveau d’insécurité traditionnellement plus élevé qu’au Japon, qui fait qu’on a un gros chien, un portail et une porte fermés.

  • Une pénurie de sonnettes/cloches, ou une intolérance auditive aux ondes produites par un artefact de ce type. Et plus probablement, l’envie de ne pas se faire réveiller à l’heure de la sieste (~13h-16h) : ignorer quelqu’un qui tape des mains semble en effet plus facile qu’ignorer une sonnette.

  • Une acuité auditive naturelle des Argentins particulièrement étonnante ?

vendredi 25 février 2011

Quand les bigots font du marketing

"Le Christ : ce n'est pas une religion, c'est un style de vie."


Tout de même, pour un franco-japonais, ça fait bizarre de se trouver à nouveau dans un pays fortemment religieux. Je dis ça entre autres parce que la France et le Japon ont pour point commun d'être des pays très peu religieux, mais de manière différente : la France pour son côté athée farouche, et le Japon pour son côté agnostique / je-m'en-foutiste serein. En décrivant la chose à gros traits, on pourrait dire que la France considère depuis assez longtemps la religion comme une chose non seulement privée, mais également menaçante pour la sphère publique et politique. De son côté, au Japon, la majorité des gens pratiquent les rites bouddhistes et shintoïstes (oui oui, les deux à la fois, voire parfois d'autres encore), mais personne n'y croit : ce sont de simples traditions auxquelles on attache une valeur purement sentimentale.

L'Argentine semble de son côté être un pays encore très croyant : le catholicisme y est la religion d'État (bien qu'il y ait liberté de culte), les courants évangélistes "indépendants" sont bien implantés (dans les 12% de la population). Il y a même des gens dans les églises, oui oui.




Love me tender, love me true. - E. Presley






Pour information*, la répartition de croyants, d'agnostiques et d'athées entre les deux pays serait à peu près la suivante :

*Attention quand même, ce sont de vieilles données de sondages récupérées sur Wikipedia, c'est pas d'une fiabilité mirobolante - même si ça donne un bon aperçu.

Argentine
- Croyants 83%
- Agnostiques 12%
- Athées 4%
- Autres / Sans opinion 1%

France
- Croyants 35%
- Agnostiques 15%
- Athées 40%
- Autres / Sans opinion 10%

La comparaison est assez intéressante, au final. Ce qui attire particulièrement mon attention, c'est que la proportion d'agnostiques est similaire, et qu'il y a 10 fois plus d' "autres / sans opinion" en France. Allez savoir pourquoi...

samedi 19 février 2011

Les colonies


Vous je sais pas, mais cette pub me donne un arrière-goût de...

... Sardou




Attention, paroles rances.

Mais qu'est-ce que je fous là? (bis)

Eh oui. Après ces deux semaines transitoires, il est temps de faire le point sur ce que je fais en Argentine.


Vous êtes quelque part ici.



Je me trouve donc à Reconquista, ville de la province de Santa Fe, dans le nord de l’Argentine.




Mais pour quoi faire cette fois ? Encore des poulets ?


Eh bien non, point de poulets, mais des enfants. Oui oui, je vous concèderai volontiers qu’il s’agît là d’un travail relativement similaire : le comportement de ces chers gallinacés avoisinant souvent celui de ces sales mômes (ou bien l’inverse).







Une faille dans l’échelle de la dignité animale ?


Plus précisément, il s’agit de travailler avec des enfants de barrios (quartiers) défavorisés pour leur enseigner l’anglais et le français, et proposer des activités culturelles et ludiques. Le travail se fait avec l’association Agrupacion IDEAS, composée d’étudiants de l’Institut Supérieur du Professorat et de professeurs en activités.



Inutile de vous dire que je me donne corps et âme à cette tâche – comme je fais toujours, pas vrai ? Hein ? Oui, bon, ça va...


Conception d’outils pédagogiques visant à la prévention anti-tabac.

jeudi 3 février 2011

Désolé, la connexion internet que vous avez demandée n'existe pas

Mais si Dieu le veut, j'aurai peut-être bientôt droit à un bon vieux modem 56k dont le "blibliblibliiii" me renverra aux souvenirs de mon adolescence, et aux forfaits Infonie/Wanadoo/AOL 50h qui coupaient la ligne téléphonique lorsqu'on les utilisait.

... à suivre !